I. Une volonté de renouveau
Depuis le début de mon épiscopat, je me suis préoccupé d’un renouvellement du Chapitre cathédral qui dépasse la simple question de la désignation de nouveaux chanoines.
Certes, j’avais nommé en 2001 deux nouveaux chanoines, Karl Gatzweiler et Albert Klinkenberg, et plus récemment j’ai désigné au canonicat Joseph Bodeson et Lambert Wers qui seront officiellement installés le 3 octobre 2004.
Ces deux dernières nominations se sont faites simultanément à la présentation d’une Note de l’Evêque et de son Conseil épiscopal, datée du 14 mai 2004 et intitulée : « La cathédrale et la pastorale du Centre-Ville ».
L’objet de cette note était d’envisager le renouveau du Chapitre cathédral par son repositionnement dans le cadre ecclésial liégeois.
Sans négliger le rayonnement culturel de la cathédrale, son intérêt patrimonial et l’attrait touristique autant de l’édifice que du Trésor, la Note de mai 2004 insistait d’emblée sur la signification de la cathédrale comme église-mère du diocèse et comme église de l’évêque, avec sa fonction liturgique liée aussi bien au ministère épiscopal qu’au Chapitre des chanoines.
La Note se proposait en outre d’inscrire la réflexion sur le renouveau de la cathédrale dans la perspective de la pastorale urbaine entendue aussi bien en
rapport avec le Centre-Ville qu’en lien avec la détermination des unités pastorales en fonction du « Chantier Paroisses » et même, plus largement, en relation avec les préoccupations du Conseil pastoral urbain. Cette ouverture à la « pastorale urbaine » doit se comprendre comme une présence de l’Eglise dans le tissu urbain à partir d’une diversité des pôles de vie ecclésiale – également appelés « différents lieux d’Eglise ». En effet, il n’y a pas que la paroisse qui soit présence ecclésiale en milieu urbain : il y a également ces autres réalités ecclésiales que sont notamment les maisons religieuses, une abbaye comme celle de la Paix-Notre-Dame, les institutions temporelles chrétiennes, comme les établissements scolaires ou les institutions hospitalières, les initiatives en matière d’action sociale émanant des paroisses ou du diocèse, les associations et mouvements, le Centre diocésain de formation, la radio diocésaine et, de toute évidence, la cathédrale.
Celle-ci est certes un « monument public », mais elle est d’abord et avant tout un « lieu de culte majeur » au titre d’église de l’évêque et, par ce biais, d’église-mère du diocèse.
Cette Note a été présentée par mes soins au Chapitre cathédral le 17 mai 2004 de sorte que les chanoines en prennent posément connaissance et me fassent ultérieurement part de leurs suggestions, remarques ou critiques. C’est ainsi que j’ai pu recueillir leurs réactions lors de la réunion du Chapitre du 9 août dernier. Durant la même période, le 11 août exactement, je réunissais les quatre Doyens de Liège à qui j’avais transmis la Note aux fins de savoir comment ils voyaient d’une part l’incidence du renouveau du Chapitre et le repositionnement de la cathédrale sur la pastorale paroissiale et d’autre part la création d’une unité pastorale du Centre-Ville et la nécessaire implication sinon du Chapitre, du moins d’un de ses membres, voire de plusieurs d’entre eux. Par ailleurs, lors de sa réunion du 26 août, l’équipe vicariale des Communautés paroissiales que j’avais également tenu à consulter me faisait part de certaines remarques, notamment sur le pilotage de l’unité pastorale du Centre-Ville. Durant tout le temps de ces conversations et consultations diverses, je tenais au courant le Conseil épiscopal avec qui j’avais élaboré la Note et, dernièrement le 31 août, grâce aux réactions recueillies, je pouvais avec lui faire l’état de la question en vue de rédiger le présent texte.
Je remercie les chanoines du Chapitre cathédral et les autres personnes consultées : les réactions critiques des premiers et les remarques pertinentes des secondes m’ont permis d’apporter les corrections nécessaires et les précisions utiles à ce « Projet Cathédrale ».
Grâce à ce débat avec les chanoines et à cette consultation des doyens et proches collaborateurs et collaboratrices, j’en suis venu à requalifier la place du Chapitre cathédral, à mieux préciser des tâches et à distinguer plus finement des attributions au point de dédoubler la fonction du
Doyen du Chapitre. Ce dédoublement permettra de garantir la visée pastorale du renouveau du Chapitre et de son positionnement dans l’unité pastorale du Centre-Ville. Je présente ci-après les défis que ce « Projet Cathédrale » entend relever, les caractéristiques majeures en interne et en externe du renouveau du Chapitre, les conséquences pour l’unité pastorale du Centre-Ville et l’avenir du Conseil pastoral urbain.
Je demande désormais une adhésion à ce projet pour que sa mise en oeuvre se fasse dans les délais les meilleurs, avec l’enthousiasme nécessaire et l’audace indispensable.
II. Les défis
Depuis Vatican II, avec la décision d’ériger un Conseil presbytéral dans le diocèse, le Chapitre cathédral a perdu sa fonction séculaire, diversement exercée selon les époques, de « sénat de l’évêque », c’est-à-dire d’instance l’assistant dans son gouvernement du diocèse.
Il a conservé sa fonction liturgique à la fois au quotidien par la liturgie des heures, la célébration eucharistique et la prière pour l’évêque et le diocèse, et par les messes dominicales ainsi qu’à l’occasion de célébrations plus solennelles (cf. c. 503). De même, la cathédrale est devenue le lieu habituel de célébrations de la confirmation que je préside.
Par ailleurs, vu la valeur patrimoniale et artistique de l’édifice et de son trésor, le Chapitre est partie prenante dans leur gestion, respectivement par la fabrique d’église et la fondation Saint-Lambert, au moyen des ressources qui leur sont propres. Par ce biais patrimonial et artistique, la cathédrale acquiert une importance culturelle qui l’amène à développer divers partenariats, occasionnels ou permanents avec des instances du monde de la culture.
Dans ce contexte, nous mesurons l’intérêt de situer la cathédrale dans le cadre plus global de la réalité ecclésiale de la ville de Liège, à savoir en référence avec d’autres lieux d’Eglise, en particulier avec le réseau paroissial. Cela est spécialement valable pour les paroisses aux alentours.
Pareillement, le renouvellement du Conseil pastoral urbain est en partie fonction de ce qui sera mis en place pour la cathédrale. Comme je l’expliquerai plus loin, je tiens même à ce qu’un chanoine assure la présidence de cette instance. Il y a donc ici un défi qui est celui de l’insertion de la cathédrale dans la pastorale urbaine, d’un côté avec les paroisses voisines et de l’autre avec le Conseil pastoral urbain.
Mais ce défi n’est pas le plus fondamental : il est relatif à un autre défi qui consiste dans le renouveau « interne » de la cathédrale. Dans mon intention, ce renouveau est premier et proprement primordial, car il détermine le positionnement « en externe » de la cathédrale. C’est ce projet de renouveau « en interne » qu’il importe d’expliciter avant de revenir
ultérieurement sur la place de la cathédrale « en externe ». Il vise à valoriser au mieux le rôle de la cathédrale comme église de l’évêque et comme église-mère du diocèse. Qu’est-ce à dire ?
III. La triple mission de la cathédrale
La mission de la cathédrale peut être qualifiée par trois termes « accueil », « liturgie » et « culture », qui peuvent être explicités comme suit.
A) la cathédrale comme lieu d’accueil, cela se situe sur différents plans. L’accueil du tout-venant dans la cathédrale, par la simple possibilité d’y entrer, de venir prier, de se joindre à une assemblée, de se confesser ou de rencontrer un prêtre, mais aussi la possibilité de visiter l’église ou le Trésor, de découvrir le cloître, etc. L’accueil peut certes être pastoral, mais il peut également se situer sur le plan culturel, voire simplement touristique. La cathédrale est proche d’autres églises comme Saint-Jacques, Saint-Denis, Saint-Barthélemy et cette proximité lui assure un flux touristique non négligeable. La place géographiquement centrale et les partenariats du Trésor avec d’autres institutions, comme l’Archéoforum, assurent cette permanence d’un flux de personnes aux motivations très diverses.
Dans l’avenir on ne négligera pas des actions, voire un partenariat avec le Musée d’art religieux et d’art mosan. C’est sans doute sur ces visites de la cathédrale que viendra se greffer un accueil où les guides développeront une attention plus explicite aux dimensions religieuse et spirituelle, voire catéchétique au sens large de « laisser résonner la Parole de Dieu » au contact de ces témoignages de l’incidence culturelle du christianisme. Dans cette mission d’accueil, il faudra veiller à la formation des guides d’église et à leur accompagnement pour évaluer et améliorer leur service. La formation sera certes historique et artistique, mais elle sera aussi catéchétique et spirituelle. Cet accompagnement comprendra des échanges sur la foi et la vie en Eglise.
B) La cathédrale comme espace liturgique,elle jouera son rôle liturgique par la prière des heures et d’autres célébrations liturgiques, habituelles comme les messes ou occasionnelles comme les confirmations. On sait la manière dont les chanoines actuels assurent avec zèle et dévouement la liturgie des heures et les messes quotidiennes : les fidèles l’apprécient. Leur assistance régulière et nombreuse appuie la nécessité de continuer ce service de la prière en améliorant ce qui doit être amélioré. Le témoignage d’une communauté priante autour des chanoines renforce l’intérêt qu’il faut porter à cette vie liturgique quotidienne. Quant aux confirmations, celles-ci doivent encore affiner leur propre style dans une attention encore plus nette aux confirmands et une souplesse liturgique plus marquée,
dans les préparatifs comme dans leur célébration. Depuis le début de mon épiscopat, j’ai pris l’habitude de présider des célébrations le dimanche ou en semaine. De plus, la présence d’une chantre aux compétences évidentes et celle d’une chorale, dont la qualité est appréciée attestent une amélioration de certains aspects de la liturgie. On ne peut que s’en réjouir. L’évolution du « Chantier Paroisses » et les mesures déjà adoptées par des paroisses du Centre-Ville incitent à réfléchir sur l’horaire des messes de la cathédrale, sur la cohérence liturgique de cette offre et son harmonisation avec les églises voisines. Nul doute que celle-ci doit être revue, mais cela devra être réfléchi et concerté. A l’instar de ce que je souhaite pour les communautés paroissiales, les rassemblements dominicaux de la cathédrale doivent aussi être « significatifs » par le soin de la liturgie, la qualité de l’accueil, la diversité des membres, etc. Il importe de continuer l’effort entrepris en étant à la fois respectueux du « public » actuel et surtout audacieux pour offrir la possibilité à d’autres, occasionnellement ou habituellement, de se sentir chez eux à la cathédrale ; ce sera par exemple l’effort à faire avec les confirmands et plus généralement les jeunes.
C) La cathédrale comme lieu de dialogue entre la foi et la culture, elle joue déjà un rôle culturel comme cela a été décrit plus haut grâce au Trésor et par les événements ou expositions organisés dans l’édifice, avec les contacts ou relations que cela suppose avec des institutions comme l’Université. Mais c’est plutôt d’un dialogue qu’il faut parler avec la foi : l’héritage culturel ne suffit pas, même dans ses caractéristiques proprement chrétiennes, il faut encore le mettre en corrélation avec l’expérience vécue de la foi d’un peuple. Ce qui compte c’est la découverte de cet héritage, mais surtout la confrontation avec les questions et convictions d’hier et d’aujourd’hui, par l’art et l’histoire : la culture délivre le sens que des êtres humains élaborent pour vivre et se respecter, la foi manifeste l’irruption d’une Parole qui interroge notre humanité, lui offre la grâce d’une alliance en même temps qu’elle se laisse interpeller par ce qui fait la vie des gens, leurs espoirs et leurs inquiétudes, leurs joies et leurs projets. On mesure sans difficulté que la fonction de la cathédrale comme lieu de dialogue entre culture et foi suppose à la fois les partenariats en cours, par exemple avec l’université, et des relations à établir avec le Centre diocésain de formation, sans négliger les relations déjà existantes avec le Séminaire épiscopal, sa bibliothèque et sa médiathèque.
IV. La place de la cathédrale dans la pastorale du Centre-Ville
Le Chapitre cathédral a toujours eu, entre autres en la personne de son Doyen, des liens avec le clergé du Centre-Ville et avec les paroisses avoisinantes, et même plus largement
avec d’autres communautés, services ou institutions. Je souhaite que s’établissent désormais des liens plus structurels avec la pastorale de la Ville de Liège : d’une part, avec les paroisses voisines destinées à constituer une seule et même unité pastorale et, d’autre part, avec le Conseil pastoral urbain.
Ces liens sont nécessaires dans la ligne de l’attention que j’ai voulu résolument porter, dès le début de mon épiscopat, à la diversité des lieux d’Eglise et des lieux où des chrétiens sont engagés. L’Eglise locale diocésaine ne se réduit pas au réseau paroissial, car l’Eglise de Dieu qui est à Liège annonce, célèbre et vit l’Evangile à partir d’une diversité de réalités ecclésiales : mouvements et associations, institutions temporelles chrétiennes, centres de formation, monastères et abbayes, sanctuaires et pèlerinages, radio diocésaine et autres médias, etc. Concrètement en ville, outre les paroisses voisines avec lesquelles il importe de resserrer les liens, il y a un éventail de présences ecclésiales qui traduisent l’Evangile en ce lieu, par exemple les communautés religieuses, en particulier l’abbaye de la Paix-Notre-Dame, des groupes divers ou des équipes de mouvements, des services sociaux ou des institutions, notamment de nombreux établissements scolaires, etc. C’est dans cet ensemble relativement divers que s’inscrit la cathédrale avec sa singularité décrite auparavant.
Après avoir réfléchi avec mon Conseil épiscopal et avoir rencontré le Chapitre et les Doyens de Liège, l’idée initiale d’une relation plus étroite avec les paroisses voisines a été précisée dans le sens de la création d’une unité pastorale du Centre-Ville comprenant la cathédrale et les paroisses voisines de Saint-Denis, de Saint-Jacques, de Saint-Jean, de Saint-Christophe, de Sainte-Catherine et de Saint-Barthélemy. L’insertion de la cathédrale dans l’unité n’en fait pas une paroisse : l’église cathédrale doit garder sa singularité. Je l’ai suffisamment souligné. C’est justement sa singularité qui lui permet de jouer un rôle fédérateur entre paroisses voisines. On voit difficilement quelle paroisse pourrait jouer ce rôle sans laisser peser – injustement, bien sûr – le soupçon de vouloir diriger la destinée de l’unité. Le regroupement des paroisses voisines doit tenir compte de la singularité de la cathédrale et de son rôle fédérateur au Centre-Ville. La création d’un ensemble fédéré par la cathédrale devra entraîner une complémentarité plus marquée entre toutes les paroisses désormais destinées à faire unité pastorale, autour de la cathédrale et avec celle-ci.
Cette perspective pour le Centre-Ville va dans le sens du « Chantier Paroisses » en incitant à des relations plus marquées entre paroisses voisines, en harmonisant les services pastoraux et autres, notamment pour les offices et en offrant une présence ecclésiale commune respectueuse des particularités. La cathédrale, en effet, n’est pas Sainte-Catherine,
Saint-Jacques n’est pas Saint-Denis, etc. et pourtant leur diversité permet qu’on ne fasse pas partout la même chose mais qu’ensemble on porte l’Evangile – annoncé, célébré et vécu – au Centre-Ville. De plus, sur ce territoire du Centre-Ville délimité par les paroisses susmentionnées et la cathédrale, la nouvelle unité pastorale devra elle-même s’ouvrir à d’autres réalités ecclésiales comme l’abbaye de la Paix-Notre-Dame, le Centre diocésain de formation, l’Accueil-Botanique. A ce propos, il y a lieu de se demander s’il ne faudrait pas faire entrer dans les préoccupations de cette unité pastorale toute l’action sociale d’entraide et de solidarité qui se déploie au Centre-Ville. L’Accueil-Botanique a ici une place privilégiée.
Pour réaliser ce rôle fédérateur de la cathédrale dans l’unité pastorale du Centre-Ville, j’envisage de demander à un chanoine – qui ne soit pas le Doyen du Chapitre – de prendre en charge la création de cette unité pastorale. J’en parlerai plus loin.
J’ai également parlé de liens plus structurels avec le Conseil pastoral urbain. Le chanoine en charge de fédérer les paroisses voisines serait, à mes yeux, la personne toute indiquée pour présider à ce Conseil qui ne concerne pas simplement la pastorale paroissiale mais vise à la pastorale d’ensemble et le témoignage que les différentes réalités d’Eglise sont invitées à porter en milieu urbain, et plus largement dans l’agglomération liégeoise. Certes, la sphère d’influence du Conseil pastoral dépasse les paroisses du Centre-Ville. Mais répondant à un voeu du bureau de ce Conseil, j’ai estimé qu’il était préférable que ce ne soit pas un Doyen de Liège qui le préside vu ses charges pastorales et décanales dans la mise en oeuvre du « Chantier Paroisses » et dans les évolutions en cours. Le chanoine en charge de la pastorale pourra assumer la présidence de ce Conseil. Par sa charge pastorale, il pourrait aussi assurer le lien avec le Centre liégeois de Service social qui trouverait en lui la personne de contact et avec l’unité pastorale du Centre-Ville, et avec le Chapitre cathédral, et avec le Conseil pastoral urbain. Cela ne pourrait être que bénéfique à la pastorale d’ensemble et à une meilleure convergence des différents lieux d’Eglise.
V. La fonction de Doyen du Chapitre
Le Doyen du Chapitre assumera les charges et responsabilités qui correspondent statutairement à sa fonction, notamment dans le Chapitre et au sein de la Fabrique d’église. Il sera responsable de la direction de l’ensemble, mais cela ne signifie aucunement qu’il doive à lui seul assumer certaines tâches, notamment administratives inhérentes. C’est pourquoi après avoir bien pris la mesure des choses et de concert avec les autres chanoines et les laïcs de la fabrique d’église, il devra s’entourer de personnes compétentes, chanoines ou laïcs, qui
pourront utilement le seconder. Le Doyen du Chapitre coordonnera la triple mission définie plus haut. Il lui incombera de veiller au rayonnement de la cathédrale au Centre-Ville.
VI. La fonction du « Chanoine-curé »
Le Doyen du Chapitre ne pourra cependant pas porter la préoccupation pastorale proprement dite liée d’une part à la création de l’unité pastorale et d’autre part à l’action du Conseil pastoral urbain. C’est pourquoi il s’impose, à mes yeux, de créer une nouvelle fonction dont le titulaire sera distinct du Doyen du Chapitre et la charge nettement différenciée des engagements particuliers des autres chanoines.
Comme je l’ai exposé plus haut, la création de l’unité pastorale implique qu’un chanoine s’investisse primordialement en pastorale. C’est ce chanoine que je charge d’abord de la mise en route de l’unité pastorale, puis au terme d’un an, du fonctionnement et dès lors de la direction de l’unité pastorale du Centre-Ville. Etant membre à part entière du Chapitre, ce chanoine aura aussi des tâches liturgiques qu’il recevra en concertation avec ses collègues.
Pour la mise en oeuvre de l’aspect pastoral du présent projet, ce chanoine engagera les conversations nécessaires et opèrera des consultations indispensables pour que les curés des paroisses concernées envisagent comment et dans quels termes elles devront partager leurs atouts, établir des complémentarités et réaliser une solidarité effective entre elles. Après avoir entendu les Doyens de Liège, il me semble raisonnable de se donner un an pour réunir les curés concernés et les amener à concrétiser l’unité pastorale. De plus, cette création de l’unité pastorale se fera de pair avec l’établissement de relations avec les autres lieux d’Eglise aux fins de mieux s’accorder sur le témoignage commun qui peut être porté au Centre-Ville.
Pareillement, c’est ce même chanoine primordialement engagé dans la pastorale que j’investis officiellement de la présidence du Conseil pastoral urbain dans un souci d’oeuvrer avec ses membres et de mener à bien avec d’autres partenaires des projets ou des actions dans l’agglomération liégeoise.
Je propose de désigner ce chanoine avec le titre de « Chanoine-curé ». Il aura en effet la préoccupation, au sein du Chapitre, d’ouvrir ce dernier à la pastorale du Centre-Ville et la double tâche de fédérer l’unité pastorale et de présider le Conseil pastoral urbain. On aurait pu aussi l’appeler « modérateur » des curés en charge des paroisses destinées à se regrouper en unité pastorale, mais cette appellation est trop générique et ne dit pas assez le rôle de pilotage, sinon de direction qu’il devra assumer au sein de l’unité et dans la dynamique de l’action du
Conseil pastoral urbain. En revanche, l’appellation « Chanoine-curé », certes originale, a l’avantage d’être lisible et compréhensible par le tout-venant en suggérant d’emblée la fonction pastorale au sens fort du terme (lat. cura animarum).
Je tiens également à préciser qu’en vertu même de ses attributions pastorales, le Chanoine-curé sera nommé par l’évêque et qu’il sera le second en ordre de préséance dans les célébrations liturgiques de la cathédrale, après le Doyen du Chapitre.
VII. Conclusions
Les membres actuels du Chapitre ainsi que le Doyen assument de leur mieux les tâches et les responsabilités qui leur sont propres. Ils se les répartissent selon les compétences d’un chacun, en fonction de leurs possibilités et en tenant compte également des limites résultant de l’âge ou de la santé. Il leur faudra bientôt choisir un nouveau Doyen du Chapitre dont il me reviendra de confirmer l’élection. Pour ma part, j’attendrai ce moment pour nommer le Chanoine-curé qui, d’une part, prendra en charge la mise en place et la direction de l’unité pastorale du Centre-Ville et, d’autre part, assurera la présidence du Conseil pastoral urbain.
Je sais que, dans sa conception et par sa mise en oeuvre, ce projet entraînera des changements dans les manières de voir et de faire aussi bien chez les chanoines que chez les pasteurs et les fidèles des paroisses du Centre-Ville. La venue des nouveaux membres entraînera d’ailleurs une révision, voire une redistribution de certaines charges.
Je souhaite que ce projet mobilise les membres du Chapitre pour un renouveau de la cathédrale et un nouveau dynamisme pastoral au Centre-Ville, voire plus largement. Certes, ils pourront toujours demander à être déchargés de leurs fonctions ou tâches actuelles au sein du Chapitre tout en restant membres de ce dernier. Je suis sûr que les chanoines marqueront leur adhésion au présent projet.
J’ose espérer que le « Projet Cathédrale» portera les fruits spirituels tant attendus.
Fait à Liège, le 17 septembre 2004
en la fête de saint Lambert, patron du diocèse
