« CATHEDRALE, HISTOIRE ET SENS » par A. Beauduin, Doyen du Chapitre.






         La cathédrale est dans chaque diocèse l'Eglise de l'Evêque. L'Evêque y a son siège (cathèdre), il y exerce son enseignement, il y tient la place du successeur des apôtres, il y célèbre les sacrements de l'initiation (baptême, confirmation, eucharistie) et l'ordination. Elle est aussi appelée dôme (en allemand Dom, en italien Duomo), du nom de ""domus episcopalis"", maison de l'Evêque.

La cathédrale est ainsi l'église mère de toutes les églises du diocèse. A l'origine, dans la cité, la cathédrale est la seule église. Ce n'est que plus tardivement que d'autres églises sont créées dans la ville et le territoire du diocèse autour de la ville.

La première cathédrale construite lorsque l'Eglise chrétienne sort des persécutions avec l'édit de tolérance de l'empereur Constantin (313) est celle de St Jean de Latran, siège de l'Evêque de Rome. Elle est qualifiée de ""mater ecclesiarum"", mère des églises.

        L'église n'est pas d'abord le nom d'un bâtiment, c'est celui d'une communauté appelée par Dieu et rassemblée par Lui. Subsidiairement, le bâtiment reçoit le nom de la communauté chrétienne.
L'église n'est donc pas un temple, au sens où dans le temple de l'antiquité est conservée et vénérée l'image de la divinité. Dieu n'habite pas une maison faite de mains d'hommes, Il habite une communauté de croyants. Dans le temple de l'antiquité, les fidèles ne sont pas admis dans le sanctuaire (saint des saints) où l'image de la divinité est honorée, dans l'église chrétienne, les chrétiens sont reçus dans l'église comme dans le lieu où ils sont chez eux. Ils forment le peuple de ceux qui sont sanctifiés.

        Jusqu'à la fin de l'époque médiévale, les églises d'Occident sont toutes construites sur le modèle de la basilique romaine. La basilique romaine est à l'origine la salle de colonnes où l'empereur (en grec basileus, roi) a son siège et tient audience. Le plan de la basilique civile est copié dans le plan de la basilique chrétienne, avec cette différence que la colonnade est allongée et reçoit une orientation, soulignée par les processions, en direction du siège de l'Evêque et de l'autel.

Les églises sont tournées vers l'Orient ou vers Jérusalem, d'où vient la lumière du ""soleil levant qui vient nous visiter"".
Les églises sont orientées vers l'endroit (appelé plus tard chœur de chorale) où se trouve le siège (chaire ou cathèdre) de l'Evêque, qui tient la place du Christ ainsi que l'autel, qui est à la fois la table de la Sainte Cène et le tombeau de la Résurrection.
L'autel conserve aussi des reliques de martyrs ou de saints, qui ont part à la Résurrection du Christ.
L'autel, table du pain, a son correspondant dans le pupitre, table de la Parole où sont proclamées les Saintes Ecritures et la prédication.

        A ce mobilier de base, s'est ajouté au fil du temps un autre mobilier.

La représentation peinte ou sculptée des scènes de l'Histoire sainte, des saints et saintes de l'histoire passée avec lesquelles la communauté présente se veut en communion, singulièrement celle de Marie, Mère de Dieu. Les vitraux sont un autre mode de cette illustration.

La chaire à prêcher richement illustrée depuis l'époque baroque quand la Contre-réforme met l'accent dans les rassemblements de la communauté chrétienne sur l'instruction et que le prédicateur doit se faire voir et entendre par toute l'assemblée.

Le tabernacle dans la chapelle du Saint Sacrement conserve à l'origine le pain consacré, Corps du Christ, destiné à être porté en viatique aux malades. Plus tardivement, avec la création liégeoise de la fête du Corps du Christ ou Fête-Dieu, le Saint Sacrement au tabernacle ou dans l'ostensoir est présenté à la vénération des fidèles, comme lieu par excellence de la présence du Christ et mémorial de la Nouvelle Alliance.


La cathédrale St Paul et Notre Dame


Le 91 ème Evêque de Liège est Monseigneur Aloys Jousten.
L'Evêque est assisté dans le service de la prière à la cathédrale d'un collège de prêtres, appelé chapitre des Chanoines.
Une ancienne collégiale St Paul a été érigée après la Révolution française en cathédrale pour remplacer l'ancienne cathédrale St Lambert et Notre-Dame, détruite et érigée jadis sur le site du martyre de l'Evêque St Lambert.
La cathédrale est équipée entre autres d'une chapelle du chapitre où sont célébrés les offices de semaine, avec la participation des fidèles, ainsi que d'un cloître, lieu de vie commune pour les chanoines.
Le cloître habite un trésor de grande valeur, riche de pièces d'art en orfèvrerie, en peintures et sculptures, en tissus anciens.



A. Beauduin
Doyen du Chapitre



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